
« Une licorne! »
Personnage multicolore, déjanté et à la fois timide, Mathilde est une licorne! Aujourd’hui entrepreneur, elle est la fondatrice de « The Mathilde Lordet Factory », structure au sein de laquelle elle exprime sa créativité en fabriquant des bijoux qui lui ressemblent. Toutefois, le chemin qui l’y a menée reste atypique et c’est ce qu’elle a choisi de partager avec nous.
« J’en suis venue à bout »
Après mon bac j’ai intégré une prépa en Arts Appliqués mais ce fut une formation trop conventionnelle. Le fait de débarquer à Paris toute seule, d’être loin de ma famille m’a conforté dans l’idée qu’il fallait y mettre fin. Je suis retournée à Aix en Provence et me suis inscrite à l’ECV où j’ai appris les bases de la communication visuelle sans toutefois terminer le cycle. Enfin, je suis entrée à l’ESDAC pour un BTS Design de Mode Textile pendant deux ans, ce fut très difficile mais je m’y sentais à ma place et j’en suis venue à bout. Au terme de cette formation, j’ai passé une année de stylisme à l’atelier Chardon Savard et cela m’a permis de découvrir cet univers créatif dans lequel je baigne désormais. Ma bulle tourne autour de trois concepts : le Glam Trash (jouets, poneys..), le Plastic Sailor (influences du sud, de la mer..) et le Metal Bohemian (métallique et assez technique). Ces-derniers me permettent d’atteindre mon objectif principal, celui de donner une seconde vie aux objets en les détournant. Après quelques stages en développement de collection et design textile au sein de prestigieuses maisons, j’en suis arrivée au groupe Première Vision où j’ai pris conscience de mes limites. J’y ai compris que je ne pouvais travailler dans une structure où je ne créais pas. En revanche, j’ai pu collaborer avec cette structure lors de l’édition de février (Première Vision Paris) en tant que fabricante au sain de l’animation bijoux. Le fait de fabriquer des centaines de pièces en temps réel m’a fait prendre conscience de mes capacités techniques, j’arrivais à faire tout ce travail vite et bien. À ce moment précis, j’ai su qu’un patron ne trainerait plus pendant des semaines sur ma table, je savais désormais par où commencer.
« J’ai créé ma première entreprise de bijoux à 12 ans »
Je m’amusais beaucoup avec la pâte Fimo quand j’étais petite et c’est ainsi que j’ai créé ma première entreprise de bijoux à 12 ans. Je fabriquais des petites pièces et mon amie les vendait. Je le faisais discrètement parce que je ne souhaitais pas en être la créatrice officielle, c’était mon petit côté timide. Au fur et à mesure j’ajoutais des fantaisies qui m’étaient propres, je personnalisais mes créations de façon à ce qu’elles soient originales. C’est dans cet élan que la création de bijoux est devenue ma passion et que je me suis créée mon univers.
« Où avez-vous trouvé votre collier ? J’en veux un ! »
Je me promenais au salon Tranoï où je portais une de mes créations lorsqu’une femme m’a abordé de façon très spontanée : « où avez-vous trouvé votre collier ? J’en veux un ! ». Il s’avère qu’elle était commerçante et à la tête d’un site de vente de luxe. Je lui ai répondu calmement que je l’avais fabriqué moi même tout en explosant de joie à l’intérieur. Deux jours plus tard, nous avons convenu d’un rendez-vous lors duquel je lui ai fait une présentation générale de mes 3 univers et de mes influences. Au terme de ce rdv elle m’a littéralement commandé toutes mes collections et à cet instant j’ai su que j’allais créer ma structure : « The Mathilde Lordet Factory ».
J’ai créé l’identité visuelle de la marque, finalisé un logo sur lequel je travaillais déjà depuis un moment. À partir de là j’ai déposé le nom de ma marque, me suis créée une SARL, déposé les différents statuts et même trouvé un investisseur, le tout en un mois. J’étais d’abord très angoissée à l’idée de tout faire seule, puis, en y repensant, j’ai réalisé que cette rencontre était mon déclic, ma chance, presque un « fairy-tale » et c’est ainsi que je me suis lancée.
« Il y a trois ans, j’ai perdu 20 kilos »
Mon atelier étant mon appartement, je n’ai jamais vraiment de coupure or c’est essentiel. Je crée à toute heure et suis donc décalée, c’est dans ces moments là que le doute s’installe. Cela reste cependant assez éphémère puisque le vrai doute date de la période où j’étais en surpoids à cause d’une relation pesante. En effet il y a trois ans, j’ai perdu 20 kilos. J’étais avec quelqu’un qui ne comprenait pas mon travail en tant qu’artiste et cela ne me donnait pas confiance en moi. Dans ce métier, pour que les gens croient en toi il faut d’abord croire en soi alors je me suis levée un matin j’ai mis un terme à cette relation et j’ai décidé de changer d’hygiène de vie. J’ai commencé le crossfit, le running, je me suis prise un coach et peu à peu j’ai repris confiance en moi. Depuis cela, il n’y a pas un jour où je ne fais pas de sport. Cela m’a rendu mon équilibre tout en m’apprenant qu’il était possible de repousser mes limites, ce qui me sert beaucoup dans mon travail.
« Un outil que les créateurs n’avaient pas auparavant »
Ce qui aide également dans les petits moments de doute c’est Instagram, outils que les créateurs n’avaient pas auparavant mais qui est très efficace pour nous aujourd’hui. On poste nos créations parce que les gens y sont plus réactifs, plus expressifs, j’ai même reçu des commandes dessus. Le fait d’avoir un feedback c’est toujours encourageant. Je porte ainsi mes bijoux telle une armure contre la société parce qu’ils représentent qui je suis.
« The Mathilde Lordet Factory »
La valeur ajoutée de ma marque c’est que chaque produit est fait main. Je suis très passionnée donc je ne compte pas les heures, je m’assure que chaque pièce soit unique donc à chaque fois que j’ai une commande, c’est un peu une partie de moi que je donne. Je ne veux en aucun cas que ma production devienne industrielle car je veux, en toute authenticité, promouvoir le savoir-faire français à l’étranger. J’ai trois univers que j’exploiterai à l’infini et que je ne changerai pour rien au monde, c’est l’essence de mon être en tant qu’artiste.
« Mes projets »
Je suis en train de créer un site marchand sur lequel j’exposerai mes collections, on y trouvera le détail de mes univers. Je compte faire revivre le parfum de mon enfance dont je reprends le jus, il a été créé par ma tante dans les années 70. Je travaille actuellement sur le design de la bouteille. J’ai récemment appris que le Festival de Hyères avait désormais une section « accessoires » et je compte bien y participer. En parallèle je prépare également une collection de foulards que je présenterai dans quelques mois sur le salon Tranoï, là où tout a réellement commencé pour moi.
« Le plus important »
Par rapport à mon expérience, ce que j’ai appris de plus important c’est le dépassement de soi, toujours aller au delà de ses limites que ce soit en termes de création, de production, de travail.

« A unicorn! »
Colorful, wacky but also shy, Mathilde is a unicorn! As a young entrepreneur, she recently created « The Mathilde Lordet Factory » in which she’s channeling her creativity by producing jewelry that represent her. However, her pursuit of success was not easy and that’s what she decided to share.
« I came Through »
After highschool i went to an applied Arts prep school in Paris but the classes were too theoretical. The fact that i was new to the city and away from my family wasn’t helping so i decided to go back to « Aix en Provence ». I joined a visual communications school (ECV) but still didn’t finish. Then, i went to ESDAC for a bachelor degree in fashion and fabric designs for 2 years. It was really hard but i felt like i belonged there so i came through. I spent a year learning about stylism in Atelier Chardon Savard and it made me discover this creative bubble in which i’m living now. My world is about 3 concepts: Glam Trash (dolls, poneys…), Plastic Sailor (sea and marine influences) and Metal Bohemian (metallic and technical). Those 3 allow me to achieve my main goal which is giving a second life to objects by recycling them. After many internships as a collection developper and textile designer, i arrived at Première Vision for the last one. That’s where i realized i couldn’t work for a company without creating. However, we had a collaboration for their February’s show (Première Vision Paris) i was the fabricant for their jewelry animation. Producing hundreds of pieces in such a hurry made me also realize that i was actually able to work fast and still make something great. Precisely at that moment, i knew that a pattern wouldn’t be on my table for weeks anymore because i knew where to start.
« I started my first jewelry company when i was 12 »
When i was a little girl i used to play with Fimo clay and that’s how i started my first jewelry company when i was 12. I was producing little jewels and my friend was selling them. I was very discreet i didn’t want to be the official designer, i was shy. As we kept it going i would customize every single piece to make it unique and that’s how jewelry making grew on me. It became my passion so i created my world.
« Where did you get your necklace? I want one just like it! »
I was wondering around at the Tranoï show where i was wearing one of my creations when a woman practically jumped on me asking: « where did you get your necklace? I want one just like it! ». She turned out to be a business woman with a luxury trading site. I had to keep it together answering that i was the one who created it while exploding of joy deep down. Two days from that we had an appointment in which i introduced her to my world and the 3 concepts it’s made of. At the end of our meeting, she literally ordered all my collections and that’s when i knew i would create my own company: « The Marhilde Lordet Factory ».
Right after that i created a visual identity for the my brand, i finished designing the logo which i’ve been working on for a while. I handled all the administrative and legal papers for a new company and i even found a investor, all in a month. At first i was really anxious about doing it all by myself but then i thought about it and realized that meeting her was a blessing, almost like a fairy tale, so i jumped!
» Three years ago i lost 20 pounds «
My work space being my apartment, i never have a chance to really disconnect although it’s important. Most of the time I create regardless of the hours so i’m a little offset and, in those moments, i start doubting. However it’s transient because my real moment of doubt was when i was overweighted because of an oppressive relationship. Three years ago i lost 20 pounds. I was with someone who didn’t understand my work as an artist and it was taking it tall on my self confidence. In this line of work for people to believe in you, you have to believe in yourself first so one day i woke up, i ended our relationship and i decided to have a healthier lifestyle. I started to do crossfit, to run, i hired a coach and slowly i gained my self confidence back. Ever since, not a day passes by without me working out. Sports gave me back my balance while teaching me that it was possible to push my limits further which is pretty useful for my job.
« A tool that creative Minds did not have before »
What can also help in moments of doubt is Instagram. It’s a tool that creative Minds did not have before which turns out to be really efficient nowadays. We post what we create on it because people are more expressive and enthusiastic, i even received orders on Ig. Having a feed-back is always encouraging so i wear my jewels as an armor against society because they represent who i am.
« The Mathilde Lordet Factory »
The highlight of my brand is that all my products are hand made. I’m very passionate so i don’t mind the hours, i make sure that every single piece is unique so everytime i deliver an order it’s like i’m giving a little piece of me. I don’t ever want my production to get industrial because i want to promote french expertise abroad in the most authentic way. I have three concepts that i will explore and explode to infinity and will never change them because it’s the essence of who i am as an artist.
« My projects »
I am developing a trading website in which i’m going to present my collections. I also want to revive my childhood perfume which was created by my aunt in the 70’s. I’m currently working on the bottle’s design. It was recently brought to me that the « Festival de Hyères » opened an accessories section and i’m going to participate. Meanwhile, i’m designing a scarf collection that i’m going to release in a few months on the Tranoï show where it all started for me.
« The most important thing »
Looking back to my experience, the most important thing i’ve learned is to push my limits, to always outdo ourselves wether it is about creation, production or any work.